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A la découverte d'Istanbul


    Situé au confluent de toutes les civilisations du Vieux Monde, ce pays nous parle d'un passé de tumulte et de splendeur et d'un présent où l'Orient se mêle à l'Occident en un surprenant, captivant et quelquefois explosif amalgame.

 

    A cheval sur l'Europe et l'Asie, la Turquie évoque le faste des Mille et Une Nuits : c'est le rêve d'évasion par excellence.

 

    Le passé de la Turquie est riche et tout simplement fabuleux. Aucun des grands événements de l'histoire qui ne se soit déroulé, au moins en partie, dans ce pays. Combien de sites surprennent par leur ampleur ?

 

    La Thrace orientale, qui forme la Turquie d'Europe (ou Roumélie) à l'ouest du Bosphore, représente 24 000 kilomètres carrés.

 

 


 

Istanbul, seuil de l'orient

 

    La ville la plus importante du Moyen-Âge, une des grandes métropoles de l'histoire, s'appelle d'abord Byzance, puis Constantinople, avant de devenir Istanbul. Stupéfiante cité qui, durant des siècles, occupe la "une" de tant de chapitres de notre Histoire ! Sachant qu'Istanbul n'offre pas de difficultés insurmontables, nous choisissons de la découvrir par nous-mêmes. Nous personnalisons ainsi notre approche de la ville et suivons nos coups de coeur, ce qui est vraiment essentiel pour comprendre et aimer Istanbul, la cité la plus riche et la plus fascinante de Turquie. A peine arrivés à Istanbul, seule ville bâtie à la charnière entre deux continents, nous découvrons la somptuosité de prestigieux monuments qui rappellent l'opulence des sultans et qui témoignent de la richesse de son histoire.

 

    Byzance, Constantinople, la Corne d'Or et le Bosphore, un horizon de minarets et la prestigieuse Sainte-Sophie, le sérail et le souvenir de Soliman le Magnifique. Des noms fabuleux qui évoquent une ville incomparable, Istanbul, une ville où meurt l'Europe et où commence l'Asie, une cité que nous avons peuplée de fantasmes et dont nous avons pressenti l'idéal. C'est la symbiose de l'Orient et de l'Occident. Trois villes en une. Mille et un paradoxes ! Un pied en Europe, l'autre en Asie. De tous temps, l'objet de convoitises et de conquêtes.

 

    Cette ville multiple se présente sous un aspect disparate, car elle a trop longtemps fui toute notion d'urbanisme. Mais qu'importe, ici, c'est de toutes parts qu'un passé fascinant nous assaille.

 

    Baignée de couleur locale, Istanbul évoque un milieu complexe et bariolé où il y a nécessairement beaucoup de bruit, de désordre et de lumière.

 

    Elle n'est souvent, dans les vieux quartiers, qu'un dédale de ruelles tortueuses, grouillantes de vie et qui mérite qu'on ose s'y perdre, seule manière de pouvoir la connaître.

 

    Dans ces ruelles tortueuses comme dans les grandes avenues souvent mal pavées, cireurs, écrivains publics (= dilekçe yazilir), marchands d'eau, portefaix, épiciers ambulants, vont, viennent et se bousculent le long de façades où de minuscules boutiques s'efforcent de contenir des piles de marchandises en équilibre instable. D'emblée, nous sommes saisis par l'ambiance, mélange de vacarme et d'odeurs. Istanbul va nous dévoiler ensuite ses multiples visages, de grande dame de l'Empire romain d'Orient, puis de sultane de l'immense empire Ottoman. Nous nous laissons pénétrer par le charme profond de cette ville tentaculaire, chargée de tant de souvenirs, cette ville troublante où fusionnent l'Europe et l'Asie, la cité des mille et un trésors, la "Perle de l'Orient", l'Orient éternel... Une ville envoûtante et attachante.
 

    La ville occupe un site idéal, à l'entrée du Bosphore. Une péninsule aux collines doucement ondulées s'avance entre la mer de Marmara et une baie sinueuse à qui sa forme, l'éclat que le soleil lui donne et la richesse de son commerce ont valu le nom de "Corne d'Or". Corne d'Or ! Ce nom fait penser à une corne d'abondance, véritable coffre-fort des immenses richesses amenées autrefois par les galères des seigneurs de la mer, souvent d'authentiques pirates. En fait, le nom imagé provient de sa configuration. Rien de plus ! Le mouillage du port est si favorable que ses eaux abritent, depuis des siècles, un monde d'embarcations de tout tonnage. L'agglomération, qui occupait à l'origine la partie élevée de la péninsule, a d'abord gagné les parties basses de celle-ci, puis annexé la rive nord de la Corne d'Or avant de s'étendre sur la côte asiatique du Bosphore.
 

    Istanbul est située à l'un des grands carrefours du globe. De tout temps s'y sont rencontrées l'Europe et l'Asie. Aujourd'hui, elle est la gardienne des Détroits. Sur le plan économique, même si un décret d'Atatürk a transféré la capitale administrative de la République de Turquie à Ankara l'Anatolienne, Istanbul reste la ville la plus peuplée du pays avec ses 5 millions d'habitants (la population a quadruplé entre 1960 et 1985), et le principal port de la Turquie. C'est surtout une extraordinaire mosaïque, composée de cités multiples, enchevêtrées, qu'il faut découvrir l'une après l'autre.

 

    Et d'abord les grands quartiers. Entre la mer de Marmara et la Corne d'Or s'étend Stamboul, la vieille ville, celle des palais. Le pont de Karaköy (ou de Galata) enjambe la Corne d'Or et relie Stamboul à Galata et à Beyöglu, les quartiers commerçants. Plus à l'ouest, mais toujours sur la Corne d'Or, le pont Atatürk relie le quartier de Fatih à Galata et à Kasimpasa. Vers le nord, Eyüp et Hassköy se font face de part et d'autre de la baie. Besiktas et Ortaköy prolongent la métropole sur la rive européenne du Bosphore, et Usküdar les regarde depuis la rive asiatique.

Longtemps capitale d'un empire qui s'étendait du golfe Persique aux Carpates, Istanbul abrite des ethnies disparates : Arméniens, Grecs, Juifs, Ottomans. Mais chacun de ces groupes raciaux a su s'agglutiner dans un quartier déterminé, afin de préserver sa religion ou les activités auxquelles se consacrent habituellement ses membres. On trouve surtout les Libanais à Galata, près du port ; les Arméniens et les Grecs à Beyöglu, le quartier des affaires ; et les petits commerçants à Stamboul. Si les hôtels ont tendance à proliférer du côté de la Taksim Meydani (place du Réservoir), dans Beyöglu, les résidences bourgeoises se multiplient de préférence à Usküdar et à Ortaköy, face à l'admirable panorama du bras de mer.

 

    L'axe principal de la ville part de la Taksim Meydani et descend l'Istiklâl Caddesi, où il bifurque. Une branche emprunte le pont Atatürk, que prolonge l'Atatürk Bulvari, limite occidentale de Stamboul. L'autre branche descend au pont de Galata pour aborder Stamboul par son coeur constellé de mosquées et de monuments célèbres. Partant du pont de Galata et longeant le Bosphore, un autre axe d'avenues enchaîne la Necati Bey Caddesi, la Meclisimebusan Caddesi, la Dolmabahce Caddesi et la Besiktas Caddesi jusqu'à Ortaköy. Dans la vieille ville, tout part de l'esplanade dégagée devant l'ancienne basilique Sainte-Sophie. Au sud, c'est l'Hippodrome et la Mosquée Bleue ; au nord, les grands musées ; à l'est, le Sérail domine le Bosphore ; vers l'ouest, une large avenue, la Divan Yolu, mène au square Beyazit. De ce square, deux grands axes conduisent aux Murailles terrestres, les remparts byzantins qui limitent la ville vers l'ouest : Fevzi Pasa Caddesi en direction de l'Edirne Kapi (porte d'Edirne) ; Ordu Caddesi et Millet Caddesi vers la Top Kapi (porte du Canon).

 

 

 

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