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Didyme

 

      Célèbre pour son temple d'Apollon (Didymaion), lieu sacré de prédiction relié à Milet, Didyme est situé dans le village de Yeni Hisar, dans le disrit de Söke, département d'Aydin. Les fouilles effectuées dans la ville ces dernières années ont montré qu'il ne s'agissait pas uniquement d'un centre de prédiction, mais également d'importants mouvements humains.


      L'origine du nom Didyme-Didymaion est discutée depuis de nombreuses années. Aucune preuve n'affirmait l'hypothèse de son rapport avec le sens qui lui est attribué de "jumeaux" relatif à Apollon et sa soeur jumelle Artémis. Cependant, les travaux entrepris sur la "Voie Sacrée" reliant Milet à Didyme mettant au jour l'emplacement du culte d'Artémis appuie cette thèse. Ainsi, deux temples auraient été élevés pour les jumeaux, le Didymaion et l'Artémision.

 

 

ALBUM PHOTOS ET PLANS DE DIDYME

 


      Rappelons qu'Apollon et sa soeur avaient d'étroits liens avec Cybèle, la déesse-mère vénérée en Anatolie depuis les temps les plus reculés, dont le nom était différent suivant les contrées et les cultures (Kubaba, Isis, Hepat, Lat), ainsi que les attributions, parmi lesquelles la plus courante était Dindymène, ainsi le Mont Dindymos, singulièrement semblable à Didyme.


      Le mot Apollon n'a rien de grec. On le retrouve dans les tablettes hittites sous la forme d'Apulunas, et symbolise l'intuition, la force modérée les arts plastiques et la lumière. D'autre part, c'est un oracle notoire, qui distribue ce don aux mortels.


      Le fait que les événements se déroulent selon le bons désirs des dieux amplifie la foi du peuple, ce qui implique également la croyance dans les oracles puisque les divinités ont le pouvoir de prédire les choses.

 

      Apollon gagna en célébrité pour ces dons de prédiction dès l'époque archaïque où l'on voit un grand nombre de temples qui lui sont dédiés, dont les deux plus importants sont celui de Grèce, à Delphes, et celui d'Anatolie, le Didymaion qui furent constamment des rivaux, comme le prouve les paroles de l'oracles de Delphes:

 

      "Et ce jour-là, Milet, ce jour-là, toi, la ville désordonnée,
      Tu seras une proie fructueuse pour les ennemis,
      Un festin pour des tas de gens !
      Tes femmes laveront les pieds
      Des guerriers chevelus et barbus
      Et toi, Hé Didyme,
      Tu tomberas aux mains d'étrangers ainsi que ton temple."

 

      Au milieu du 7ème siècle av. J.-C., on concertait le Dieu dans son temple une fois par an pour obtenir une réponse concernant des sujets officiels. Plus tard, on s'y rendit pour des problèmes personnels. La notoriété des temples d'Apollon s'agrandit ainsi pour former un état dans l'État, même si dans bien des cas, surtout en politique, ils jouèrent un rôle important pourtant néfaste.


      Pausanias affirme que le temple d'Apollon de Didyme serait antérieur à la colonisation grecque (10 ème siècle av. J.-C.), la ville daterait donc pareillement à Milet et à Priène du 2 ème millénaire av. J.-C. Cependant, les temples dégagés lors des fouilles et prospections sont pour les plus anciens de la fin du 8 ème siècle av. J.-C.


      Hérodote nous apprend qu'à la fin du 7 ème et au 6 ème siècle av. J.-C., de précieux objets furent offerts en offrande par Necho roi d'Egypte et Crésus, roi de Lydie.


      La construction du temple archaïque commen4a au milieu du 6 ème siècle pour se terminer à la fin de ce même siècle. Le Didymaion était alors dirigé par les prêtres Branchides, qui, pendant 100 ans, l'enrichir et lui firent connaître sa plus brillante période.

 

      Lors de la guerre de Lade, le temple fut détruit, ses prêtres exilés à Suse et la statue anatolienne-hittite d'Apollon, faite en 500 av. J.-C. par le sculpteur de Sikyon Kanachos, fut emporté à Ektebana.


      A l'époque hellénistique, après la conquête d'Alexandre-le-Grand sur les Perses, fut entreprise la reconstruction du temple.


      Cependant, même si l'empereur Caligula (37-41 ap. J.-C.), rêvant d'en devenir le Dieu, puis plus tard, l'empereur Hadrien (117-138 ap. J.-C.) firent continuer l'édification du bâtiment, il ne fut jamais achevé.


      Au 3 ème siècle ap. J.-C., il fut fortifié, tel une forteresse, pour prévenir aux assauts ennemis, et retrouva une certaine activité sous les règnes d'Aurélien (270-275) et de Dioclétien (284-305).


      On a retrouvé également des éléments qui montrent que sous l'empereur Julien (361-363), la construction du temple fut reprise.


      Lors de l'incendie du 10 ème siècle ap. J.-C., le salon à deux colonnes (chresmographeion, Hall des prédictions) et le pronaos furent très endommagés et leur marbre réduit en poudre.


      Le temple fut abandonné après l'invasion des Seldjoukides puis des Mongols.


      En 1446, un voyageur note que le temple se dresse en entier, mais à la suite du séisme de la fin du 15 ème siècle, il est réduit en un tas de marbre, utilisé par les habitants comme une carrière fournissant la matière première pour leur maison. Ainsi de nombreuses pièces d'architecture disparurent.

 

 

 

ALBUM PHOTOS ET PLANS DE DIDYME

 

 

Les fouilles

 

 

Les premières de Didyme furent entreprise en 1858 par les Anglais, en commençant par la "Voie Sacrée", sous la direction de Newton.


      Les travaux concernant le temple lui-même débutèrent en 1872 par les Français O. Rayet et A. Thomas. Ils se prolongèrent deux ans avec pour but la découverte de la statue cultuelle d'Apollon. A l'issue de cette période, celle-ci n'était toujours pas retrouvée, mais les dimensions et le plan du temple étaient relevés.


      Les fouilles françaises reprirent en 1885-1895 dirigées par B. Haussoullier et E. Pontremoli, portant surtout sur le côté ouest du temple. Elles furent de courtes durées pour des raisons économiques. Ensuite, Th. Weigand prit la relève au nom du musée de Berlin en 1905, travaux qui se poursuivirent systématiquement jusqu'en 1937 et qui permirent de mettre au jour une grande partie du temple, pour être interrompus à la faveur des travaux de publication.


      Afin de combler quelques lacunes existantes, des fouilles furent reprises par l'Institut Allemand d'Archéologie, sous la direction de R. Naumann en 1962, puis de Klaus Tuchelt portant notamment sur le temple, ses alentours et la "Voie Sacrée". Elles se poursuivent encore aujourd'hui.

 

 


 
 

 

 

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